Abidjan

Les Ivoiriennes bossent

Bravo les gos ! Alors que beaucoup d’observateurs décryptent l’Afrique de l’Ouest comme un ensemble de sociétés patriarcales, archaïques et parfois même machistes, nous tenons à vous présenter des contre-exemples. Lorsque j’ai accompagné Gnangbo Kacou en Côte d’Ivoire pour le suivre dans sa campagne, je me suis rapidement rendu compte que les femmes travaillaient, qu’elles étaient intégrées et dynamisaient les activités locales. Parfois commerçantes, fonctionnaires ou restauratrices, parfois exerçant des métiers plus « masculins » : apprenties gbaka (mini-car de transport en commun de 18 places), mécaniciennes ou électriciennes. Awa Diabate, Fanta Camara ou Fatoumata Coulibaly se battent au quotidien pour exercer leur profession.

Lorsque la combattante Awa commence sa journée à bord d’un mini-car dans les environs de Yopougon, cherchant à attirer un maximum de voyageurs, la jeune Fanta démonte un moteur de wôrô-wôrô (un taxi collectif à ligne régulière et à prix forfaitaire) et l’étudiante Fatoumata installe les derniers câbles d’alimentation d’un futur centre commercial abidjanais. Ces trois femmes sont l’exemple d’une société où les femmes, malgré l’existence de nombreux préjugés qui persistent (et qui sont en général liés à des pratiques religieuses strictes), ont une place capitale dans l’économie d’un pays en plein essor. Les femmes veulent travailler, quitte à choquer certains hommes, et c’est un signe de prise de conscience de leur place dans une société qui évolue quotidiennement. Un féminisme new hope.

Avec un taux de croissance avoisinant les 9 % sur les trois dernières années, la Côte d’Ivoire peut s’enorgueillir d’avoir un taux de participation des femmes à la population active de 52 % (source : Organisation internationale du Travail). Pour rappel, le taux de participation à la population active est la proportion de la population, âgée de 15 ans et plus, qui est économiquement active : toutes les personnes qui fournissent du travail pour la production de biens et de services au cours d’une période donnée. Alors qu’en Italie, seulement 40 % des personnes actives sont des femmes et qu’en France, elles sont 51 %, la Côte d’Ivoire peut se vanter de faire participer à la vie professionnelle plus de femmes que beaucoup de pays européens.

Eurafrique n’est pas là pour mettre en concurrence les pays eurafricains mais cherche à puiser de chacun des pays le meilleur pour le partager avec la communauté bicontinentale eurafricaine. Il serait bon de prendre exemple sur des pays en développement dans lesquels chacun souhaite s’investir et porter un projet sociétal nouveau fondé autour de la valeur travail. Eurafrique est à construire et nous avons besoin de vous. Les femmes, les hommes, les personnes âgées, les handicapés, notre bicontinent a besoin de vous. La France et les pays européens doivent s’inspirer des pratiques africaines et de ce dynamisme lié à l’émergence. Eurafrique doit être le projet qui nous fédérera et nous donnera envie de construire un monde nouveau pour nous, bien sûr, mais aussi et surtout pour nos enfants, nouvelle génération eurafricaine. Eurafrique est un pays en construction, alors partageons ce dynamisme et mettons-nous au travail.