Agence eurafricaine

Psychose dans les maquis

Depuis le 24 juillet, le virus H5N1 a fait sa réapparition en Côte d’Ivoire, après une première épidémie en 2006. Exit Ebola que l’on pense désormais éradiquer d’ici la fin de l’année : les autorités sanitaires d’Afrique de l’Ouest sont désormais préoccupées par la progression de la grippe aviaire. En Côte d’Ivoire, la dernière détection du virus remonte à juin dernier à Bouaké, dans le centre du pays ; le virus aurait atteint cette fois-ci une troisième zone du pays ; un fermier du village de Modeste, à environ 15 kilomètres d’Abidjan, a indiqué qu’il aurait perdu environ 25 000 poulets. Les maquis abidjanais (restaurants de rue à ciel ouvert) grouillent toujours de monde ; depuis une semaine cependant, les commandes baissent : « Depuis qu’on reparle de la grippe aviaire, les clients ne sont plus réguliers dans le coin » constate un restaurateur.

Beudjé Djoman Mathias, préfet de Grand-Bassam, a déclaré « qu’il est envisagé sur une période de 60 jours des mesures de destruction des volailles infectées, de leurs produits dérivés et de l’achèvement des opérations de désinfection des services sanitaires du lieu d’abattage attestant leur non-contamination ».

Le virus de la grippe aviaire est apparu pour la première fois en Afrique de l’Ouest en 2006 ; éradiqué deux ans plus tard, il est toutefois réapparu au Nigeria, au Burkina Faso, au Niger et au Ghana à la fin de l’année dernière. Depuis son siège à Rome, la FAO, l’organe onusien en charge de l’alimentation et de l’agriculture dans le monde, a lancé un appel. Pour combattre la grippe aviaire en Afrique de l’Ouest, 20 millions de dollars doivent être levés. Et il y a urgence à agir, insiste l’agence dans un communiqué : « Sans des interventions opportunes pour endiguer les foyers de grippe aviaire hautement virulente H5N1 à travers l’Afrique de l’Ouest, les craintes augmentent de voir la maladie se répandre inexorablement dans cette région et au-delà ».

L’Europe, sœur eurafricaine de l’Afrique, doit aider le plus rapidement possible l’Afrique de l’Ouest en finançant les dépenses liées à la lutte contre le virus ; aider l’Afrique, c’est aider l’Europe, c’est aider Eurafrique. En parallèle de ces financements, nous encourageons le déploiement en Afrique de l’Ouest de l’Agence eurafricaine (organisme militaire / sanitaire) dont le rôle sera d’aider les autorités locales et réaffirmer notre volonté de collaborer ensemble, notamment en cas de menace sanitaire.

Ghana : les hôpitaux en grève

Réclamant une revalorisation de leurs primes de fonction et un meilleur accès à la formation, les médecins hospitaliers ghanéens sont en grève depuis une semaine. Les responsables syndicaux ont annoncé que la semaine dernière, environ 2 800 médecins du secteur public avaient limité leurs consultations ; aujourd’hui, tous ont cessé leur travail en service d’urgences. Pour Justice Yankson, président de l’Association Médicale du Ghana (GMA), il n’est pas question de retourner au travail pour l’instant : les médecins réclament des indemnités de logement, de carburant, des voitures de fonction pour les plus anciens, des heures supplémentaires revalorisées, un accès gratuit à une formation médicale supérieure, de meilleures retraites et une couverture maladie à l’étranger pour certains soins non assurés au Ghana. Pour le porte-parole du Congrès démocratique nationale (NDC), le parti au pouvoir, le président John Dramani Mahama « ne se laissera pas intimider par des docteurs grévistes en leur versant de l’argent non budgété qui risquerait d’affaiblir l’économie ». Alors qu’il n’y a pas encore eu de date limite au mouvement de grève, les hôpitaux font appel à des médecins débutants non-grévistes et à des médecins à la retraite pour pallier le manque d’effectifs. Le gouvernement a pour sa part déclaré qu’il avait mis en place des plans d’urgence, y compris l’appel au privé. Les médecins ont menacé de renvoyer tous les patients et de démissionner en masse si le conflit n’est pas résolu au 13 août.

Au Ghana, les habitants bénéficient d’une couverture maladie gratuite dans les établissements publics. Comme en France, l’accès à la santé doit être un droit fondamental. J’avais, dans le cadre des dernières élections européennes, parlé de la mise en place d’une Sécurité sociale européenne. J’espère de tout mon cœur qu’un jour, nous assisterons à la mise en place d’une Sécurité sociale eurafricaine et d’ici là, encourage à la création (ce dont nous avions parlé dans l’article Ellis Island eurafricain) d’un organisme militaire / sanitaire permettant à court et moyen terme, la prise en charge des populations les plus pauvres. En cas de pénurie de médecins ou d’armée, en Europe ou en Afrique, l’Agence eurafricaine (organisme militaire / sanitaire) doit être en mesure de pouvoir agir sur le bicontinent.

Les Eurafricains ne doivent en aucun cas pâtir des tensions politiques et syndicales locales et c’est la raison pour laquelle, l’Agence eurafricaine doit être mise en place le plus rapidement possible.