Burundi

Faso Soap

600 000 décès et plus de 200 millions de personnes atteintes : c’est le bilan annuel du paludisme dans le monde. Touchant particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, cette maladie transmise par les moustiques est la première cause de mortalité en Afrique.

Malgré des années de recherche intensive par les laboratoires pharmaceutiques, aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible. Des traitements antipaludiques existent, mais la maladie est devenue de plus en plus résistante. La principale forme de lutte est alors la prévention, par exemple, en favorisant l’utilisation de moustiquaires, d’insecticides ou de crèmes répulsives. Ces traitements, parfaitement adaptés aux touristes, sont cependant encore trop chers pour la majorité de la population africaine.

En 2012, le burundais Gérard Niyondiko et le burkinabè Moctar Dembélé lancent le projet Faso Soap. Il s’agit d’un savon pour le corps et le linge, dont les principes actifs empêchent la prolifération des larves dans les eaux stagnantes et constituent un répulsif pour les moustiques. Fabriqué à partir de ressources locales, le Faso Soap ne nécessite pas de modifier les habitudes culturelles des familles et ne coûte pas plus cher qu’un savon classique : 300 francs CFA l’unité. Présenté en 2013 à la Global Social Venture Competition, prestigieux concours d’entrepreneuriat social organisé par l’université de Berkeley en association avec l’ESSEC, le Faso Soap gagne le premier prix, le prix du public et obtient plus de 25 000 dollars pour développer le produit. C’est non seulement la première équipe africaine à gagner ce concours, mais aussi la première équipe qui ne soit pas américaine. Une grande réussite pour Gérard Niyondiko, dont la formation a été financée par l’ambassade de France au Burundi.

Depuis, exemple de coopération eurafricaine, c’est grâce à un partenariat avec un laboratoire français de cosmétique que des prototypes ont été développés. Des tests d’efficacité et d’innocuité sont en cours. Installés dans un incubateur d’entreprises à Ouagadougou, les deux jeunes ingénieurs pensent pouvoir commencer la commercialisation du savon début 2016. Eurafrique salue ce projet prometteur pour la prévention du paludisme en Afrique qui n’aurait pu voir le jour sans l’action conjointe d’Européens et d’Africains.

Tensions au Burundi

Assassinat du colonel Jean Bikomagu, assassinat du général Adolphe Nshimirimana, tentative d’assassinat de Pierre Claver Mbonimpa (ayant depuis quitté le pays pour la Belgique), célèbre défenseur burundais des droits de l’homme, volonté acharnée du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, malgré les critiques de l’opposition, de la société civile, de l’Église catholique et de la communauté internationale, le Burundi est actuellement le théâtre de nombreuses émeutes aux relents ethniques prononcés.

Face à ces événements, l’Union africaine a demandé au Burundi de régler pacifiquement l’actuelle crise politique : « Cet acte ignoble et les multiples autres actes de violence enregistrés ces derniers mois illustrent encore une fois la gravité de la situation que connaît le Burundi et les risques réels de la voir se détériorer davantage, avec des conséquences catastrophiques tant pour le pays que pour l’ensemble de la région ». Bujumbura doit s’engager dans un véritable dialogue avec l’opposition et respecter l’accord de paix d’Arusha, afin de restaurer « la crédibilité » du gouvernement, minée par des mois de tensions et un processus électoral contesté ; il en va de la sécurité des populations locales et de la stabilité politique de ce pays situé en plein cœur de  l’Afrique des Grands Lacs.

Eurafrique demande à ce que le partage du pouvoir entre Tutsis (minoritaires) et Hutus (majoritaires) au sein des institutions burundaises soit respecté afin de garantir un des fondements de la stabilité politique burundaise. Il en va de la paix internationale et eurafricaine. Rappelons qu’éclatèrent en 1993, à la suite d’un coup d’État contre Melchior Ndadaye, de violents conflits ethniques opposant Hutus et Tutsis ; ces violences s’étendirent au cours de la décennie dans les pays voisins et prirent fin au début des années 2000. Aspirons à promouvoir la paix dans une région encore profondément marquée par les rivalités ethniques.

Burkina : un exemple démocratique

Le Burkina Faso ou « Pays des hommes intègres » doit être un exemple démocratique. Michel Kafando, président de transition depuis le 21 novembre 2014 et la chute de Blaise Compaoré, devra céder le pouvoir à un président élu lors de la prochaine élection présidentielle burkinabaise prévue le 11 octobre 2015. Reçu au mois de juin à l’Élysée par François Hollande, Michel Kafando a salué le « soutien » de Paris « dans cette période décisive ». Pour François Hollande, la France doit tout mettre en œuvre pour assurer le bon déroulement du processus conduit « jusqu’aux élections qui doivent être transparentes et incontestables ».

À l’heure où les Est-Africains doivent faire face à une grave crise politique qui menace le Burundi, depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel, le Burkina Faso à l’Ouest doit tout faire pour garantir le respect du processus constitutionnel et des élections organisées en toute transparence. Le Burkina Faso doit être un exemple politique et historique pour l’Eurafrique. « Si nous sommes aux côtés du Burkina Faso, c’est que nous voulons aussi qu’il ait valeur d’exemple » a estimé François Hollande.

Eurafrique doit être un espace politique de coopération et de respect des opinions démocratiques. J’encourage le travail qui pourrait être mené entre les gouvernements européens et africains afin de garantir une vie politique pacifiée et respectueuse du choix des peuples. Les pays européens ne doivent pas s’immiscer dans les choix politiques des pays d’Afrique cependant, ils peuvent apporter l’aide nécessaire au bon déroulement des événements politiques.