Côte d’Ivoire

LOUIS EN MUSIQUE – Mama Africa

La musique, c’est le langage universel qui unit les Hommes, les continents, les cultures. Chaque semaine, pour Eurafrique, je vais vous parler d’un morceau et de ce qu’il m’inspire. Pour fonder une jeunesse eurafricaine forte et unie, servons-nous de la culture. La musique a pour vertu d’emporter l’âme, de faire comprendre l’insaisissable. Ça ne demande qu’une seule chose : écouter et se laisser pénétrer par les notes d’un ailleurs qui se rapproche.

Petit Denis, chanteur ivoirien spécialiste du zouglou (genre musical populaire et urbain né en Côte d’Ivoire dans les années 90), chante le panafricanisme. Citant de nombreuses figures historiques comme Kwame Nkrumah, Samory Touré ou encore Nelson Mandela, le chanteur prie pour les États-Unis d’Afrique. Un must absolu à écouter !

La réconciliation en sursis

Causant le décès de plus de trois milles personnes, la crise ivoirienne de 2010 – 2011 est le résultat des affrontements qui éclatèrent après le second tour de l’élection présidentielle entre Gbagbistes et Ouattaristes à la suite de fraudes présumées. Actuellement détenu à la Cour pénale internationale, nous venons d’apprendre que l’ancien président de la République de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo ne sortira pas de prison avant son procès qui devrait débuter le 10 novembre. Les avocats de Laurent Gbagbo demandaient en effet sa libération provisoire pour raison de santé ; leur demande a été rejetée par les juges de la CPI.

L’ancien président ivoirien âgé de 70 ans, accusé d’avoir plongé son pays dans la guerre civile en s’accrochant au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle de 2010, devra répondre de quatre chefs de crimes contre l’humanité perpétrés dans le contexte de ces violences post-électorales. Eurafrique rappelle l’importance de pacifier le plus rapidement possible les tensions qui subsistent entre Gbagbistes et Ouattaristes afin de consolider le processus démocratique dans le cadre des prochaines élections présidentielles, dimanche 25 octobre 2015.

Sangaré appelle au boycott

Abou Drahamane Sangaré, un fidèle de Laurent Gbagbo, appelle dans un communiqué de presse à boycotter l’élection présidentielle ivoirienne prévue le 25 octobre. Une frange importante du Front populaire ivoirien (FPI), parti politique de l’ancien président de la République de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, actuellement détenu à la Cour pénale internationale, a dans un communiqué signé par Aboubacar Koné et diffusé aujourd’hui, mis en garde Pascal Affi N’Guessan, officiellement investi candidat FPI aux prochaines élections présidentielles.

La frange gbagbiste rebelle et fidèle à l’ancien chef d’État prévient que tous les moyens légaux seront utilisés pour empêcher la tenue des prochaines élections présidentielles. Justifiant cette prise de position par l’insécurité politique et le manque de transparence démocratique, ces « frondeurs » estiment que les élections pourront être organisées lorsque la confiance entre les différents acteurs politiques sera revenue. Le FPI demande notamment la libération de l’ancien président et de ses partisans incarcérés en Côte d’Ivoire et la modification de la composition de la commission électorale. En 1995, le FPI et le RDR (aujourd’hui au pouvoir) associés dans une coalition baptisée Front républicain avaient appelé au boycott de l’élection présidentielle face à Henri Konan Bédié du PDCI. L’opération s’était soldée par plusieurs morts, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels sur toute l’étendue du territoire.

Espérons que les élections présidentielles se passent dans le calme et la sérénité ; comme pour le Burundi, Eurafrique exhorte les acteurs politiques à respecter le droit et à ne pas emporter les Africains vers de nouvelles guerres civiles.

Psychose dans les maquis

Depuis le 24 juillet, le virus H5N1 a fait sa réapparition en Côte d’Ivoire, après une première épidémie en 2006. Exit Ebola que l’on pense désormais éradiquer d’ici la fin de l’année : les autorités sanitaires d’Afrique de l’Ouest sont désormais préoccupées par la progression de la grippe aviaire. En Côte d’Ivoire, la dernière détection du virus remonte à juin dernier à Bouaké, dans le centre du pays ; le virus aurait atteint cette fois-ci une troisième zone du pays ; un fermier du village de Modeste, à environ 15 kilomètres d’Abidjan, a indiqué qu’il aurait perdu environ 25 000 poulets. Les maquis abidjanais (restaurants de rue à ciel ouvert) grouillent toujours de monde ; depuis une semaine cependant, les commandes baissent : « Depuis qu’on reparle de la grippe aviaire, les clients ne sont plus réguliers dans le coin » constate un restaurateur.

Beudjé Djoman Mathias, préfet de Grand-Bassam, a déclaré « qu’il est envisagé sur une période de 60 jours des mesures de destruction des volailles infectées, de leurs produits dérivés et de l’achèvement des opérations de désinfection des services sanitaires du lieu d’abattage attestant leur non-contamination ».

Le virus de la grippe aviaire est apparu pour la première fois en Afrique de l’Ouest en 2006 ; éradiqué deux ans plus tard, il est toutefois réapparu au Nigeria, au Burkina Faso, au Niger et au Ghana à la fin de l’année dernière. Depuis son siège à Rome, la FAO, l’organe onusien en charge de l’alimentation et de l’agriculture dans le monde, a lancé un appel. Pour combattre la grippe aviaire en Afrique de l’Ouest, 20 millions de dollars doivent être levés. Et il y a urgence à agir, insiste l’agence dans un communiqué : « Sans des interventions opportunes pour endiguer les foyers de grippe aviaire hautement virulente H5N1 à travers l’Afrique de l’Ouest, les craintes augmentent de voir la maladie se répandre inexorablement dans cette région et au-delà ».

L’Europe, sœur eurafricaine de l’Afrique, doit aider le plus rapidement possible l’Afrique de l’Ouest en finançant les dépenses liées à la lutte contre le virus ; aider l’Afrique, c’est aider l’Europe, c’est aider Eurafrique. En parallèle de ces financements, nous encourageons le déploiement en Afrique de l’Ouest de l’Agence eurafricaine (organisme militaire / sanitaire) dont le rôle sera d’aider les autorités locales et réaffirmer notre volonté de collaborer ensemble, notamment en cas de menace sanitaire.

Les Ivoiriennes bossent

Bravo les gos ! Alors que beaucoup d’observateurs décryptent l’Afrique de l’Ouest comme un ensemble de sociétés patriarcales, archaïques et parfois même machistes, nous tenons à vous présenter des contre-exemples. Lorsque j’ai accompagné Gnangbo Kacou en Côte d’Ivoire pour le suivre dans sa campagne, je me suis rapidement rendu compte que les femmes travaillaient, qu’elles étaient intégrées et dynamisaient les activités locales. Parfois commerçantes, fonctionnaires ou restauratrices, parfois exerçant des métiers plus « masculins » : apprenties gbaka (mini-car de transport en commun de 18 places), mécaniciennes ou électriciennes. Awa Diabate, Fanta Camara ou Fatoumata Coulibaly se battent au quotidien pour exercer leur profession.

Lorsque la combattante Awa commence sa journée à bord d’un mini-car dans les environs de Yopougon, cherchant à attirer un maximum de voyageurs, la jeune Fanta démonte un moteur de wôrô-wôrô (un taxi collectif à ligne régulière et à prix forfaitaire) et l’étudiante Fatoumata installe les derniers câbles d’alimentation d’un futur centre commercial abidjanais. Ces trois femmes sont l’exemple d’une société où les femmes, malgré l’existence de nombreux préjugés qui persistent (et qui sont en général liés à des pratiques religieuses strictes), ont une place capitale dans l’économie d’un pays en plein essor. Les femmes veulent travailler, quitte à choquer certains hommes, et c’est un signe de prise de conscience de leur place dans une société qui évolue quotidiennement. Un féminisme new hope.

Avec un taux de croissance avoisinant les 9 % sur les trois dernières années, la Côte d’Ivoire peut s’enorgueillir d’avoir un taux de participation des femmes à la population active de 52 % (source : Organisation internationale du Travail). Pour rappel, le taux de participation à la population active est la proportion de la population, âgée de 15 ans et plus, qui est économiquement active : toutes les personnes qui fournissent du travail pour la production de biens et de services au cours d’une période donnée. Alors qu’en Italie, seulement 40 % des personnes actives sont des femmes et qu’en France, elles sont 51 %, la Côte d’Ivoire peut se vanter de faire participer à la vie professionnelle plus de femmes que beaucoup de pays européens.

Eurafrique n’est pas là pour mettre en concurrence les pays eurafricains mais cherche à puiser de chacun des pays le meilleur pour le partager avec la communauté bicontinentale eurafricaine. Il serait bon de prendre exemple sur des pays en développement dans lesquels chacun souhaite s’investir et porter un projet sociétal nouveau fondé autour de la valeur travail. Eurafrique est à construire et nous avons besoin de vous. Les femmes, les hommes, les personnes âgées, les handicapés, notre bicontinent a besoin de vous. La France et les pays européens doivent s’inspirer des pratiques africaines et de ce dynamisme lié à l’émergence. Eurafrique doit être le projet qui nous fédérera et nous donnera envie de construire un monde nouveau pour nous, bien sûr, mais aussi et surtout pour nos enfants, nouvelle génération eurafricaine. Eurafrique est un pays en construction, alors partageons ce dynamisme et mettons-nous au travail.