État islamique

Des Espagnols combattent Daesh

Deux combattants communistes espagnols furent, à leur retour en Espagne en juillet, placés en détention ; pourquoi ? Pour être partis combattre Daesh aux côtés de l’YPG au Kurdistan syrien, les Unités de protection du peuple, branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD), un parti politique kurde syrien. Ces deux militants du groupe Reconstrucción Comunista seraient partis en Rojava pour aider la résistance kurde à combattre les fanatiques religieux de Daesh. Depuis Ras Al-Aïn (« Serê Kaniyê » en kurde) dans la province d’Hassaké, les militants ont déclaré s’être unis à la révolution du Rojava « pour défendre la classe ouvrière kurde opprimée par des États fascistes ». Les deux militants exprimaient leur soutien total à « la lutte contre le fascisme de l’État islamique ».

En attente de leur procès, les deux militants communistes ont été placés en liberté surveillée : ils ont dû rendre leurs passeports, ont l’interdiction de quitter le territoire espagnol et doivent pointer toutes les semaines au tribunal.

Eurafrique apporte son total soutien à ces deux militants espagnols, les félicite pour leur courage et réaffirme qu’une lutte eurafricaine doit être engagée contre l’obscurantisme islamique (voir à ce sujet notre article Axe eurafricain). Bravo les gars.

Axe eurafricain

Au Cameroun, chacun suspecte désormais son voisin : « Ce sont des gens comme vous et moi, ça peut être un chauffeur de taxi ou un passant, et il est quasiment impossible de les repérer » soulignait récemment un officier camerounais. Boko Haram, mouvement insurrectionnel et terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, originaire du nord-est du Nigeria, prenant également le nom d’État islamique en Afrique de l’Ouest, est aujourd’hui aux portes des grandes villes camerounaises. En juillet, une vague d’attentats-suicides fait plus de 40 morts au nord du pays. Initialement postés à la frontière nigériane, les terroristes n’hésitent plus à se fondre parmi les civils pour mener des attentats brutaux. Les gares routières à destination des grandes villes comme Yaoundé et Douala sont particulièrement surveillées et les voyageurs systématiquement fouillés au moment d’entrer dans les bus.

Les habitants de l’Extrême-Nord vivent dans la psychose ; plusieurs attaques ont eu lieu entre lundi et mardi : deux dans la localité de Tchakamari, et une autre dans le village de Kangaléré. Au total, les assaillants ont tué 8 personnes. Un bilan qui a été confirmé mercredi 5 août dans la soirée, de source officielle camerounaise. Beaucoup de familles s’interrogent quant à leur sécurité et certaines n’inscriront pas leurs enfants à l’école en septembre, de peur que, Boko Haram luttant contre les écoles occidentales, les terroristes commettent des attentats ou des enlèvements. Les dénonciations, encouragées par les autorités, se multiplient. Selon plusieurs sources, des sympathisants et membres de Boko Haram ont infiltré la ville depuis des mois et fournissent des renseignements à leurs chefs.

Les terroristes islamistes font aujourd’hui la guerre à ceux qu’ils jugent « infidèles ». Progressant en Afrique de l’Ouest, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, l’axe eurafricain doit devenir un espace de collaboration militaire luttant contre les takfiristes (extrémistes islamistes adeptes d’une idéologie violente). Depuis la France, en passant par l’Algérie puis vers le Cameroun, une armée eurafricaine (dont nous parlions plus tôt dans un article consacré aux migrants bravant la Méditerranée pour fuir les conflits locaux) doit être mise en place afin de garantir la sécurité aux Eurafricains. La seule lutte contre le terrorisme islamiste ne résoudra pas à long terme la crise existant dans les sociétés arabo-musulmanes aujourd’hui confrontées à ces vagues de terreur, ou le manque de repères dont souffrent aujourd’hui beaucoup d’Européens musulmans. Un projet fédérateur doit nous unir. Je propose Eurafrique qui, à moyen et long terme nous permettra de dépasser les bravades nationalistes au profit d’un projet d’union bicontinentale. Promouvons le sentiment d’union des origines, ce sentiment eurafricain. Ensemble, Africains et Européens, emportons le monde vers un projet de réconciliation et de partage culturel. Nous sommes frères, alors avançons.