musique

LOUIS EN MUSIQUE – Mama Africa

La musique, c’est le langage universel qui unit les Hommes, les continents, les cultures. Chaque semaine, pour Eurafrique, je vais vous parler d’un morceau et de ce qu’il m’inspire. Pour fonder une jeunesse eurafricaine forte et unie, servons-nous de la culture. La musique a pour vertu d’emporter l’âme, de faire comprendre l’insaisissable. Ça ne demande qu’une seule chose : écouter et se laisser pénétrer par les notes d’un ailleurs qui se rapproche.

Petit Denis, chanteur ivoirien spécialiste du zouglou (genre musical populaire et urbain né en Côte d’Ivoire dans les années 90), chante le panafricanisme. Citant de nombreuses figures historiques comme Kwame Nkrumah, Samory Touré ou encore Nelson Mandela, le chanteur prie pour les États-Unis d’Afrique. Un must absolu à écouter !

CARMEN EN MUSIQUE – Talking Timbuktu

La musique, c’est le langage universel qui unit les Hommes, les continents, les cultures. Chaque semaine, pour Eurafrique, je vais vous parler d’un morceau et de ce qu’il m’inspire. Pour fonder une jeunesse eurafricaine forte et unie, servons-nous de la culture. La musique a pour vertu d’emporter l’âme, de faire comprendre l’insaisissable. Ça ne demande qu’une seule chose : écouter et se laisser pénétrer par les notes d’un ailleurs qui se rapproche.

Ali Farka Touré et Ry Cooder unis pour produire Talking Timbuktu, cet album qui puise sa force dans les racines du blues. La voix est pure, grésille et enchante les instruments. On sent comme un souffle de mélancolie dans les accords lancinants des guitares, une rétrospective d’un monde regretté. Voici un morceau idéal pour se perdre dans les rues, pour errer ou rêver :

Doudou N’diaye Rose

Classé par l’UNESCO « trésor humain », le célèbre percussionniste sénégalais Doudou N’diaye Rose est décédé mercredi soir à Dakar. Le mathématicien des rythmes, le grand maître des tambours, capable de diriger cent batteurs sur plusieurs rythmes en même temps, est considéré comme l’un des plus grands musiciens africains du vingtième siècle. Issu d’une famille de griots (communicateurs traditionnels en Afrique occidentale), le maître-tambour consacra sa vie à la musique. À la tête d’un orchestre de plusieurs dizaines de percussionnistes, dont plusieurs membres de sa famille, celui qui joua avec les plus grands (Miles Davis, Bernard Lavilliers ou les Rolling Stones) avait dû, afin de pratiquer librement son art, batailler contre son père, comptable, qui refusait qu’il devienne musicien.

Allant à la rencontre des plus grands maîtres percussionnistes, Doudou N’diaye Rose raconte : « Je rencontrais les anciens pour qu’ils me transmettent ce langage très précis des percussions que tout le monde connaissait alors : comment annoncer qu’il y a un feu de brousse, qu’un serpent a piqué quelqu’un, que la femme qui vient de se marier a rejoint la demeure conjugale… ».

Remarqué par Maurice Béjart, il se produisit pour la première fois en France, avec sa propre troupe composée de cinquante batteurs, en octobre 1986 et participa 3 ans plus tard aux célébrations du Bicentenaire de la Révolution française. Il s’en suit alors une fulgurante ascension dans le monde entier. Très proche du premier président sénégalais Léopold Sédar Senghor, il composa notamment l’hymne joué lors des défilés civils marquant la fête de l’indépendance du Sénégal (chaque 4 avril).

Saluons la mémoire de cet artiste eurafricain qui continue à faire vibrer notre bicontinent.

Brazzaville Hardcore

Depuis le début des années 90 émerge au Congo une pléiade d’artistes engagés trouvant dans le rap un nouveau moyen d’expression pour dénoncer les maux politiques et sociaux qui minent Brazzaville. Rapide historique : l’album « Prison » en 1991 est un véritable choc ; quelques années plus tard, en 1996, c’est « Rendez-vous avec l’histoire » qui va cartonner. Cet album, qui se vend à des milliers d’exemplaires, critique la vie politique congolaise et dresse, au travers de titres engagés et décomplexés, le bilan d’une société menacée par les conflits et la guerre civile. Ce rap engagé est le fruit des revendications d’une jeunesse africaine en quête de changement. Souffrant d’un manque de soutien à l’époque, le Centre culturel Français de Brazzaville (aujourd’hui Institut français du Congo), institution de coopération culturelle bilatérale, va être une véritable vitrine de découverte des rappeurs locaux et autres groupes.

En 2015, les jeunes protestent désormais contre la présence de Denis Sassou-Nguesso à la tête de leur pays en rappant dans des clips qu’ils publient sur Internet. 2Mondes, groupe de rappeurs congolais, est à l’origine du mouvement Ras-le-bol, créé pour lutter contre Sassou-Nguesso, aussi surnommé « le cobra », arrivé au pouvoir en 1997 à l’issue d’une guerre civile sanglante et qui depuis, ne veut pas lâcher les rênes du pays. Pour Amnesty International, le bilan est catastrophique : « La liberté d’expression, y compris la liberté de la presse, a fait l’objet de restrictions sévères, notamment au sujet des projets de modification de la Constitution visant à permettre au président Nguesso de briguer un troisième mandat. Des journalistes ont été victimes de manœuvres de harcèlement et d’intimidation de la part de la police et des autorités locales. Craignant pour leur sécurité, les défenseurs des droits humains hésitent à dénoncer les atteintes aux droits humains impliquant des fonctionnaires haut placés », peut-on lire dans un rapport.

Eurafrique encourage les mouvements de protestations et le vecteur culturel comme outil de lutte. Face à une situation qui est monnaie courante en Afrique, à l’heure où la peur de la répression du régime dissuade une large partie de la population d’afficher son mécontentement en République du Congo, saluons le courage de ces jeunes qui s’insurgent et se servent du rap pour distiller leur espoir.

« Brazzaville c’est hardcore

Ici la police te soulève violemment

Pas de changement

On ira tous à leur enterrement

Brazzaville c’est hardcore

Pas de ces jeunes dont on hypothèque les destins

J’ai pas besoin de saint

Mon avenir je le bâtis tout seul »