Zimbabwe

Oui à la chasse au trophée

Au Zimbabwe, depuis la mort du lion Cecil, se pose la question de la régulation / interdiction de la chasse au trophée. Seul problème : cette activité représente une grande part de l’économie zimbabwéenne. S’empressant d’imposer de nombreuses restrictions sur la chasse au lion, au léopard et à l’éléphant sur son territoire, les autorités de la République du Zimbabwe doivent aujourd’hui faire marche arrière (même si la chasse au gros gibier reste bien sûr interdite dans tous les parcs nationaux et aux abords du parc Hwange, où le lion Cecil avait été abattu). Ces mesures prises dans l’immédiateté suite aux réactions très vives qu’a engendré la mort du désormais célèbre lion placent les autorités africaines face à un véritable dilemme : comment allier protection des animaux et poursuite d’une activité très rentable pour un pays dont 72 % de la population vit sous le seuil de pauvreté ?

La question est complexe : comme pour la chasse en France, c’est une activité qui régule à une certaine échelle l’écosystème tout en représentant pour certaines espèces une menace. Il s’agit également d’une manne financière considérable, puisque le secteur rapporte 180 millions d’euros par an, dont 15 millions au Zimbabwe.

« Avec effet immédiat, Delta bannit l’expédition des trophées de lions, léopards, éléphants, rhinocéros et buffles via ses cargos. Cette décision s’applique au réseau fret mondial ». Alors que Delta Airlines et d’autres interdisent désormais le transport des trophées de chasse en provenance d’Afrique du Sud, le pays rappelle que la chasse au trophée rapporte chaque année près de 5 millions d’euros à l’économie sud-africaine.

Je ne commenterai pas la mort de ce lion et l’indignation mondiale (indigne et malsaine) qui en résulta ; je souhaite simplement dire que les pays africains ne doivent pas pâtir de nos conceptions très modernes (et riches) de la place des animaux au sein de leurs sociétés. Si la chasse aux trophées est une activité permettant à des familles de vivre, à une économie d’être dynamique, à des écoles de se construire ou à des hôpitaux de fonctionner, alors je serai le premier à venir défendre cette pratique. Les humains passent avant les animaux et si la chasse de certains animaux permet à un peuple de vivre, alors be it ! Eurafrique encourage les pays africains à développer leurs économies et défend par conséquent la chasse au trophée, source de revenus importants pour les peuples zimbabwéens et sud-africains. Nous reparlerons de l’interdiction de la chasse quand ces habitants d’Afrique ne mourront plus de faim et auront tous accès à l’école.

Dictateur old school

Le bras de fer s’intensifie entre les syndicats zimbabwéens et Robert Mugabe, 91 ans, président de la République du Zimbabwe et actuel président de l’Union africaine. Le pays (ayant pris un tournant dictatorial il y a déjà 30 ans) est gouverné par un homme à qui l’on reproche depuis son arrivée au pouvoir en 1987 un recul des libertés individuelles, une hyperinflation et une menace de pénurie alimentaire. Considéré comme l’un des « pères de l’indépendance » de l’ancienne Rhodésie du Sud, l’actuel président muselle les syndicats et leur interdit de manifester. En raison d’une récente vague de suppressions d’emplois, Japhet Moyo, secrétaire général du Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), envisageait de manifester pour protester ; la police zimbabwéenne l’en a empêché : « La police a assiégé nos bureaux alors que nous étions en train d’organiser notre manifestation et ils ont décidé d’arrêter la direction ».

Souhaitant faire face à la crise économique qui frappe le pays depuis le début des années 2000 et la réforme agraire du président Mugabe, beaucoup d’entreprises licencient actuellement des salariés. La loi d’indigénisation qui exige que la majorité des parts des entreprises soit détenue par des Zimbabwéens est également critiquée car elle ferait fuir les investisseurs étrangers.

Eurafrique ne peut tolérer la manne des crypto-dictateurs régnant aujourd’hui dans certains pays d’Europe ou d’Afrique. Alors que, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 72 % de la population vit sous le seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour, il est indispensable d’économiquement redynamiser le pays en stimulant les investissements étrangers et de pacifier la vie politique nationale en changeant l’actuel régime en place. Eurafrique doit être un espace de partenariat politique et économique ne devant pâtir des politiques dictatoriales de certains leaders africains ou européens. Pour les Africains, pour les Européens, l’Union eurafricaine doit permettre aux peuples de vivre en sécurité et en liberté. Le défi pour notre génération sera de prendre en main ce destin eurafricain afin de le projeter dans les esprits et les cœurs de ceux qui aspirent au Changement sans nous corrompre dans de futiles rivalités nationalistes voire continentalistes.